Mario Kart

Publié le 7 Janvier 2017

Je n'aime pas attendre. Ce qui est paradoxal, car j'adore rien faire. Attendre c'est pourtant rien faire mais avec un but au bout. Pourtant je déteste ça. Métro, bus, salle d'attente de médecin, accueil de boite de prod, je m'y ennuie assez vite. Même au cinéma, alors que raisonne une nouvelle fois cette pub mal dessinée pour la MAIF ou cette énième bande-annonce de film avec Christian Clavier, je préfère me plonger dans Mario Kart. Et je ne résiste pas à vous raconter une course récente…

J'avais pourtant bien démarré. Je sais qu'il faut commencer à accélérer à “2” pour pouvoir partir en trombes sans faire griller le moteur. Pourtant je ne suis pas premier, mais je reste dans le peloton de tête. J'ai pas la meilleure machine, mais je me débrouille pas trop mal avec. Je sais comment prendre un virage, je sais quand accélérer. Cube mystère, un champignon. J'accélère sans réfléchir, mais le virage est un peu sec, je tombe. Heureusement la tortue au volant de son nuage vient me repêcher.

Combien de fois suis-je tombé en voulant aller trop vite, et combien de fois un ami à du me repêcher alors que j'étais au fond du trou ?

Je repars, et à force de bonus et d'accélérations juste après avoir sauté une petite butte, je remonte. Et juste avant d'entamer le troisième et dernier tour, je double ce petit bâtard de Métal Mario. Il m'a toujours saoulé de toutes façons, d'où tu roules plus vite que moi qui suit une abeille alors que t'es mega lourd alors que moi, je suis un insecte volant.

Ca y’ est je suis premier. Le numéro 1. Je fanfaronne, je parade. Je me vois déjà passer la ligne d'arrivée en marche arrière comme un king. Plus que quelques mètres et… et là je subis une attaque dramatique.

Le cinquième concurrent, Princesse Peach, une bonne âme normalement, lance l'arme mortelle qu'utilisent les loosers aigris : la carapace bleue. Précise, mortelle. Elle renverse deux autres conducteurs sur son passage. Je la vois arriver et je ne peux rien faire. L'alarme sonne, sur le plan je la vois arriver à toute vitesse. Je la maudis, c'est injuste. Est-ce qu'on tire une balle dans la jambe d'Usan Bolt quand il dépasse un peu trop le second ? Est-ce qu'on se met à lacer les chaussures de Griezmann entre elles quand il enchaîne deux buts au sein du même match ? Toutes mes pérégrinations n'y changeront rien : je l'ai dans le cul.

Vicieuse, cette carapace volante fait un petit salto en l'air avant de m'exploser la gueule salement. Fourbe, elle m'attaque lors d'un virage en pente, ce qui fait qu'encore étourdi par l'exposition, je glisse vers le précipice. Mais non ça va aller, ça doit aller, je vais pas tomber. Et même si je finis deuxième, j'ai terminé premier dans les autres courses alors le cumul des points sera à mon avantage, faut juste que je sois absolument premier à la prochaine course. Mais non. Alors que Métal Mario m'a déjà doublé, c'est au tour de Bowser de me percuter en voulant me passer devant. Le choc me fait valdinguer sur la droite, je tombe.

Alors que pendant les 5 secondes qui me paraissent des heures, cette brave tortue au volant de son nuage me ramène sur le circuit (en me taxant des pièces, comme si j'avais pas assez souffert), je les vois tous me doubler. Wario, Luigi, et bien sûr cette ordure de Princesse Peach. Beaucoup ont déjà passé la ligne d'arrivée maintenant. J'essaie de remonter mais c'est terminé, je finis 7ème (heureusement, Donkey Kong est vraiment nul a chier au volant d'un kart).

Je rage, j'ai envie de lancer ma Nintendo DS au sol. Et au final je me dis que c'est une bonne leçon d'apprise. La vie c'est parfois ça, on croit que tout roule nickel, qu'on avance à toute allure et là BOUM, un truc venu de nul part nous assomme, nous met sur le bord de la route. Et on rage, on trouve ça injuste, on dit qu'on le mérite pas.

Et si jouer à Mario Kart etait une façon d'appréhender la vie comme les Fables de la Fontaine le faisaient à l'époque ? A la différence que là, on est la feignante Cigale, on est l'orgueilleux Corbeau.

En vrai j'ai pas la réponse, il m'a saoulé ce jeu, je retourne sur Tetris.

Rédigé par Florent Bernard

Publié dans #Divers

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